Carnation
Libre improvisation et écriture de l'instant d'après « Carne » de Sandrine Roche, « Cœur cousu » de Carole Martinez et « Lignes de faille » de Nancy Huston
Enseignant·es participant·es du conservatoire :
- Antoine Mahaut⎯ voix et mouvement
- Cynthia Caubisens ⎯ piano préparé et électronique
- Jonathan Robert ⎯ saxophone soprano
Prélude assurée par un.e étudiant.e en CPES
Le piano à queue s'ouvre comme cette mystérieuse boîte transmise de femmes en femmes : des fils, des aiguilles, un peu de magie, beaucoup de mémoire. Des cordes blanches s'en échappent, se tendent, se nouent. Un souffle de saxophone s'y accroche. Un corps les traverse, une voix les déchire ou les répare. « Carne » de Sandrine Roche, d'une aridité de partition à cinq voix, tend le fil de trame. « Cœur cousu » de Carole Martinez, langue foisonnante nourrie de fantastique et des cycles de la vie devient le fil de chaîne. Entre les deux se tisse une poésie à trois : piano préparé et électronique, saxophone, corps et voix d'un comédien-danseur. Quelque part entre la sécheresse d'une langue qui claque et l'abondance d'une autre qui déborde, trois présences cousent à vue ce qui n'existe pas encore. Pas de motif prévu : le geste, le mot et le son se cherchent, s'emmêlent, se trouvent. Ce qui reste, c'est la peau du moment : une chair sonore, qui prend forme et vie. Une carnation.